Si je me souviens bien, j’ai remarqué et découvert Sergi Lopez pour la première fois dans Harry un ami qui vous veut du bien où je l’ai trouvé épatant ! À la fois inquiétant et attendrissant dans le rôle de Harry. Par la suite il y eut, dans le désordre, Te quiero, Une liaison pornographique, Dirty Pretty Things, Peindre ou faire l'amour, Les mots bleus, Chemins de traverse, Le labyrinthe de Pan, Les derniers jours du monde et… La maison.
Acteur émouvant, discret, accessible, naturel, instinctif, doté d’une présence formidable, ce qui ne gâche rien et capable de jouer la comédie comme les rôles dramatiques. Quant à son accent catalan, il est tout simplement à tomber… Je suis fan.
Le film de Manuel Poirier, La maison, était programmé lundi 14 aux alentours de minuit et j’étais devant l’écran, forcément, je vous le donne en mille… pour voir la fameuse maison Sergi !
L’histoire est émouvante, le réalisateur noue toute l’intrigue de son film autour de cette petite maison qui n’a pourtant rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’elle est particulière au cœur de deux sœurs (Bérénice Béjo et Barbara Schulz) acculées à la vendre aux enchères pour régler les dettes de leur père défunt. Avec cette maison et les souvenirs qu’elle renferme, c’est l’enfance qui s’enfuit.
Chaque personnage du film se trouve à une étape charnière de son existence et se voit lié, d’une manière ou d’une autre, à cette mystérieuse maison. Malo, incarné par Sergi Lopez, est à un tournant de sa vie ; en instance de divorce, il doit réinventer un quotidien sans ses enfants et retrouver une raison de vivre. Au cours d’une visite clandestine il découvre une lettre, la lettre manuscrite qu’une fillette écrivit à son père, séparé de sa mère, bien des années avant. Terrible écho qui ramène Malo à sa propre situation du moment.
Sergi Lopez est émouvant de pudeur et de retenue. Bercé par la mélancolie lancinante de la musique de Lhasa De Sela, on suit l’évolution de son personnage en perdition - heureusement devenu plus consistant dans la seconde partie du film - entre colère et renoncement, espérance et nostalgie.
Malgré l’émotion et le plaisir ressentis à certains moments forts, malgré le bouleversant thème abordé, ce film me laisse une saveur d'approximatif à l’arrière-goût de négligé. Manuel Poirier n’approfondit pas suffisamment le sujet, les silences sont longs, nombreux et souvent déroutants, l’intrigue, elle, est lente au démarrage, quelques scènes sont à mon sens inutiles, certains changements de situation brutaux et incohérents.
Je n’ai pas tout compris à la mise en scène, normal, me direz-vous, puisque je ne suis pas réalisatrice. Oui mais non parce que là, tout de même… La fin est bâclée, laissée bêtement "ouverte", elle gâche tout. Question de goût, évidemment, je déteste quand ça se finit en eau de boudin.
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